Aucun ratio ne rachète un métier
Une société peut emprunter très peu, ne garder presque aucune trésorerie, et rester écartée.
L’examen d’activité ne mesure pas une proportion : il regarde ce que la société vend. Les seuils financiers posent une question de degré ; l’activité pose une question de nature : ce commerce est-il licite. Une question de degré ne corrige jamais une réponse de nature.
C’est pourquoi l’activité est examinée d’abord. Si elle conclut à une exclusion, les chiffres ne la rattrapent pas. Le résultat est alors nommé par l’examen qui le porte, « Exclu · activité », et l’examen du revenu affiche « sans objet ».
Les métiers écartés
L’exclusion est déterministe : elle procède d’une liste de catégories, pas d’une appréciation portée société par société.
Les catégories exclues sont : la banque conventionnelle, l’assurance conventionnelle, l’alcool, le porc, les jeux de hasard, le tabac, le divertissement pour adultes, le revenu d’intérêt (riba), le financement conventionnel, la vente à terme de l’or et de l’argent.
Le revenu d’intérêt figure comme activité, et pas seulement comme ligne de compte : une société dont le métier est de prêter contre intérêt est écartée pour ce qu’elle fait.
L'activité identifiée est affichée
Sur chaque société, l’activité identifiée est affichée en clair, quelle que soit la conclusion, y compris quand la société passe l’examen.
Ce point n’est pas décoratif : une exclusion ne se conteste que si l’on voit sur quoi elle repose. Qui trouve l’activité mal nommée sait quoi mettre en cause : cette identification, et non un seuil.
Dans les listes, le filtre correspondant s’appelle « Exclu ». Il ne se confond avec aucun échec de ratio, qui est une mesure datée.
Quatre voies pour identifier un métier
Identifier le métier d’un groupe coté n’est pas immédiat : beaucoup font plusieurs choses. Quatre voies servent à le faire, par fiabilité décroissante.
Le code de registre national. Le code d’activité que la société déclare à l’administration de son pays. Il vient de la société elle-même.
La lecture vérifiée du rapport annuel. Le document où la société décrit ses métiers et répartit ses revenus. La lecture en est vérifiée avant d’être retenue.
La classification de place. La bande sectorielle attachée au titre par le marché où il se négocie. Une même bande peut couvrir des métiers très différents.
L’étiquette de fournisseur. Le secteur attribué à une société par un intermédiaire de données. La moins fiable des quatre : elle rapporte un classement, pas le contenu du métier.
Pourquoi une réussite peut être de confiance moindre
Constater qu’une société exerce un métier exclu et conclure qu’elle n’en exerce aucun ne demandent pas le même degré de regard. Une étiquette de fournisseur, ou une bande de place, ne dit pas ce que fait la société : elle dit dans quelle case un tiers l’a rangée, et une case large peut abriter un métier exclu sans le nommer.
Quand une réussite d’activité ne repose que sur une étiquette de fournisseur, elle est donc affichée comme une réussite de confiance moindre, avec sa source, et ces cas sont comptés à part. Ce n’est pas un doute sur la norme, c’est un doute sur la source. La réserve tient au mot « seule » : corroborer, c’est porter la même identification par une voie plus fiable.
Pour se faire une idée soi-même, il faut ouvrir le rapport annuel et y chercher la répartition des revenus par métier, quand elle y figure.
Le référentiel appliqué
La norme appliquée ici est la norme charaïque n° 21 de l’AAOIFI, amendée par l’article 8 de la norme n° 59. Cette norme est un effort d’interprétation collectif, non un consensus : d’autres instances savantes retiennent des positions plus restrictives, et certaines n’admettent pas la détention d’actions de sociétés exerçant une part d’activité prohibée, si faible soit-elle.
Les mots affichés ne sont pas des certifications religieuses. Ils disent ce qui a été mesuré, sous quel référentiel.