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Éducation

Zakât et purification · Leçon 2 sur 5

Le nisab et le ḥawl

Comprendre à partir de quel seuil la zakât est due, quelle année la déclenche, et à quelle date tout se fige.

Leçon en cours de relecture.

Deux conditions, jamais une seule

La zakât n’est pas due du seul fait que l’on possède. Elle l’est quand deux conditions sont réunies en même temps : un patrimoine zakatable au-dessus d’un seuil, le nisab, et une année complète de possession au-dessus de ce seuil, le ḥawl. Si l’une des deux manque, aucune zakât n’est due sur ce patrimoine pour l’année considérée.

C’est une obligation personnelle. Le redevable en répond pour lui-même. Le calculateur produit un montant et un document de déclaration, rien de plus : il ne verse rien et ne désigne aucun bénéficiaire.

Le seuil se lit en métal, pas en monnaie

La norme charaïque n° 35 fixe le nisab par deux références classiques : 85 grammes d’or, ou 595 grammes d’argent. Ce sont des poids, pas des sommes.

Leur contre-valeur en monnaie dépend du cours du jour et change sans cesse. C’est pourquoi aucun chiffre n’est écrit ici : la contre-valeur se lit dans le calculateur, affichée avec la date du cours retenu. Un montant appris dans un texte cesserait d’être exact.

L’application retient l’or par défaut ; c’est un choix de l’application, non une position tranchée. L’argent reste ouvert comme choix de l’utilisateur, et il est présenté comme tel. Ce choix n’est pas neutre. Le seuil de l’argent est aujourd’hui bien plus bas que celui de l’or : le retenir rend redevable plus tôt, à patrimoine égal. Un patrimoine peut dépasser le seuil de l’argent sans atteindre celui de l’or.

L'année qui compte est lunaire

Le ḥawl est une année lunaire, plus courte que l’année solaire. Le taux suit cette durée.

Le taux est de 2,5 % pour une année lunaire de 354 jours. Compter son année sur le calendrier solaire, c’est posséder son patrimoine plus longtemps, et le taux se relève d’autant : 2,578 % pour une année solaire commune, 2,585 % pour une année bissextile. La formule tient en une ligne : jours de l’année ÷ 354 × 2,5 %. Ce n’est pas une majoration, c’est la même part rapportée à une durée plus longue.

Rester au-dessus du seuil, toute l'année

Le ḥawl suppose une possession continue au-dessus du nisab. C’est ici que l’outil s’arrête, et il faut le dire franchement : le calculateur ne suit pas les variations du patrimoine pendant l’année, il ne les connaît pas.

C’est donc l’utilisateur qui confirme que son patrimoine est resté au-dessus du seuil pendant toute l’année. S’il ne peut pas le confirmer, le calcul est reporté, ou repris à partir d’une nouvelle date de départ.

La position appliquée sur ce point est celle de l’école hanafite : elle tient la possession pour continue dès lors que le patrimoine est au-dessus du seuil aux deux extrémités de l’année, le début et la fin, sans exiger la preuve de chaque jour intermédiaire. C’est une position minoritaire. La majorité des écoles exige que le patrimoine se tienne au-dessus du seuil tout au long de l’année. Un lecteur qui suit cette position doit savoir que ce n’est pas celle qui est appliquée ici.

Une date fige tous les cours

La déclaration porte sur la dernière année de possession révolue, jamais sur l’année en cours. La fin de cette année est la date d’exigibilité, et cette date fige tous les cours retenus : change, métaux, cryptomonnaies. Un patrimoine ne se chiffre pas au cours du jour où l’on ouvre le calculateur, mais au cours de ce jour-là.

Quand aucun cours n’existe à cette date pour un élément, un cours récent est retenu. Il est alors marqué indicatif, avec sa date et sa source, et l’utilisateur peut le corriger. Quand aucun cours n’est disponible, l’élément n’est pas chiffré du tout et le total porte la mention « au moins ». Un total servi sans cette mention prétendrait à une exhaustivité qu’il n’a pas.

Le référentiel appliqué

Le calculateur s’appuie sur les positions documentées des écoles classiques et des institutions contemporaines, au premier rang la norme charaïque n° 35 de l’AAOIFI. Il ne tranche pas entre elles là où elles divergent : plusieurs positions sont proposées, chacune attribuée à sa source quand une source est établie, et chaque ligne du résultat affiche la règle appliquée et d’où elle vient.

L’utilisateur part d’un profil prédéfini ou compose ses positions règle par règle. Dans ce second cas, un avertissement l’accompagne : l’application ne garantit pas la cohérence doctrinale d’un assemblage libre. Choisir règle après règle la position la moins contraignante pour alléger sa charge est prohibé.

La méthodologie est celle de Nyance, et elle est annoncée comme telle. Le résultat est une estimation fondée sur les seules données déclarées, sans effet juridique. Il ne remplace ni un savant ni une consultation adaptée à une situation particulière. Certaines situations ne sont pas couvertes, et l’outil le signale.

Questions

1.Selon la norme charaïque n° 35, les deux références classiques du nisab sont :

2.Dans le calculateur, le taux appliqué à une année solaire commune est :

3.Dans le calculateur, quand aucun cours n’est disponible pour chiffrer un élément du patrimoine :

Termes

Nisab
seuil de patrimoine au-dessus duquel la zakât est due, fixé par deux références classiques : 85 grammes d’or ou 595 grammes d’argent (norme charaïque n° 35 de l’AAOIFI). Sa contre-valeur en monnaie suit le cours du jour et se lit avec sa date.
Ḥawl
année lunaire de possession continue d’un patrimoine resté au-dessus du nisab. C’est elle qui rend la zakât exigible. Le taux est de 2,5 % sur une année lunaire, de 2,578 % sur une année solaire.
Exigibilité
la date à laquelle la zakât devient due, soit la fin de la dernière année de possession révolue. C’est elle qui fige les cours retenus pour chiffrer le patrimoine.

AAOIFI, norme charaïque n° 35 · fond relu le 15 septembre 2026 (4 rabia ath-thani 1448) · v0.10