L'assiette n'est pas le patrimoine
L’assiette est la somme sur laquelle le taux s’applique, pas l’inventaire de tout ce que l’on possède. Le calculateur procède poste par poste : chaque ligne est un bien que les règles retenues font entrer, à une valeur définie. Ce qui n’y figure pas n’est pas retenu, et une situation que les règles ne couvrent pas est signalée, jamais estimée en silence.
Une date commande le reste : l’exigibilité, qui fige les cours. Elle est traitée dans « Le nisab et le ḥawl ». Ce module dit ce qui entre, à quelle valeur, et ce qui se retranche.
Liquidités : le capital seul
Comptes, espèces et livrets sont retenus à leur valeur faciale, pour le capital seulement. Les intérêts perçus sur un livret réglementé n’entrent pas dans l’assiette.
Ils ne disparaissent pas pour autant : ils s’éliminent à part, obligation distincte de la zakât, de fondement et de destinataires différents. Les faire entrer dans l’assiette reviendrait à en payer la zakât, donc à les compter parmi ses biens.
Or et argent : le poids fin, et le cas des bijoux
L’or et l’argent physiques sont retenus à la valeur de marché de leur poids fin, la masse de métal pur, non du poids total de l’objet.
Sur les bijoux d’or, deux positions existent et le calculateur ne tranche pas. L’école hanafite soumet tout l’or à la zakât, bijoux portés compris. L’avis majoritaire exempte les bijoux effectivement destinés à l’usage personnel, dans la limite du raisonnable. Deux profils prédéfinis portent ces libellés descriptifs : « Bijoux d’usage zakatables » et « Bijoux d’usage exemptés ».
Là où l’exemption est retenue, elle a des limites. Restent zakatables l’or loué, l’or mis de côté pour être vendu ou donné, et la part qui excède le raisonnable. Un bijou prêté à un proche reste un bijou d’usage : sa zakât incombe au propriétaire, non à celui qui le porte.
Stock commercial
Le stock d’un commerçant est retenu à sa valeur de revente prévisionnelle, non à son coût d’achat. Ce qu’une marchandise a coûté n’est pas ce qu’elle vaut au jour où la zakât devient exigible.
Le stock invendable est exclu. Il ne représente plus une valeur que l’on peut réaliser.
Titres : une ligne de l'assiette comme une autre
Actions, ETF et fonds forment une ligne de l’assiette, comme les comptes ou le stock. La manière dont le calculateur les retient, et la raison pour laquelle le montant à éliminer est servi à côté de la zakât sans jamais s’y ajouter, font l’objet de la leçon suivante, « Actions et zakât ».
Sommes prêtées et créances douteuses
Une somme prêtée sans intérêt reste un bien à soi : elle entre dans l’assiette tant que son recouvrement est raisonnablement attendu. L’argent placé chez autrui reste de l’argent.
Quand le recouvrement devient incertain, l’utilisateur déclare la créance comme douteuse. Deux positions s’ouvrent alors, sans que l’une soit imposée : l’exclure jusqu’à son recouvrement, la zakât des années écoulées devenant due quand l’argent rentre ; ou l’inclure chaque année.
Cryptomonnaies : deux options, aucune par défaut
Ici, le calculateur ne retient aucune réponse par défaut. Deux options explicites sont offertes, inclure ou exclure, et l’utilisateur doit en choisir une.
La raison tient à l’objet : la divergence porte sur la licéité de ces avoirs et, plus en amont, sur leur qualité même de bien. Le choix est une option doctrinale, affichée comme telle.
Ce qui se retranche : les dettes
Les dettes à court terme, exigibles dans les douze mois, sont déductibles. L’utilisateur déclare celles qu’il déduit, avec une notice qui dit ce qui entre dans cette catégorie.
Deux règles ne se négocient pas. Une dette contractée pour financer une activité illicite n’est pas déductible. Et d’un crédit à intérêt, seul le capital se déduit, jamais les intérêts : retrancher les intérêts reviendrait à alléger sa zakât au moyen d’un élément prohibé.
Une dette longue, un crédit immobilier par exemple, ne se retranche pas en entier : seul le capital exigible dans les douze mois se déduit, selon l’échéancier réel. La déduction du capital restant dû en totalité n’est pas offerte. L’option « aucune déduction » existe dans le seul profil personnalisé, et n’est rattachée à aucune position documentée.
Enveloppes françaises : un traitement provisoire
Le traitement des enveloppes françaises est provisoire, et annoncé comme tel : elles sont retenues pour la totalité de leur valeur.
Deux cas s’en écartent. Un PER ou un PEE est différé si les sommes sont réellement inaccessibles ; un retrait possible avec pénalité compte comme accessible, et la valeur est alors retenue. Au déblocage, elle l’est en totalité. Les parts de SCPI suivent l’intention déclarée : achetées pour la revente, elles comptent pour leur valeur intégrale ; détenues pour leurs revenus, seuls les loyers et les liquidités déclarés entrent dans l’assiette.
Le référentiel appliqué
Nyance s’appuie sur les positions documentées des écoles classiques et des institutions contemporaines, au premier rang la norme charaïque n° 35 de l’AAOIFI. Plusieurs positions coexistent, chacune attribuée à sa source quand une source est établie : l’utilisateur part d’un profil prédéfini ou compose ses positions, et chaque ligne du résultat affiche la règle appliquée et sa source, ou dit que celle-ci reste à établir. L’état de la méthodologie est servi en toutes lettres : « Méthodologie de Nyance, sans validation extérieure à ce jour ».
Le profil personnalisé porte son propre avertissement. L’application ne garantit pas la cohérence doctrinale d’un assemblage de choix, et rechercher règle après règle la position la moins contraignante pour alléger sa charge est prohibé.